L’île d’Aoshima, un caillou bleu où les chats ont pris le pouvoir

Si vous faites partie du vaste club des amoureux des chats, la paisible petite île d’Aoshima vous apparaîtra sans doute comme un véritable paradis terrestre

Située dans la préfecture d’Ehime, au sud-ouest du Japon, Aoshima (que l’on peut littéralement traduire par « l’île bleue ») connaît, depuis quelques années, un succès phénoménal auprès des touristes, en dépit de sa taille réduite. Pendant des siècles, l’îlot de 0,49 km2 s’est limité à son modeste village de pêcheurs paisibles, bordé par des arbres aux feuillages émeraude continuellement agités par le souffle puissant du vent marin.
Au début du XVIIIe siècle, les insulaires y ont introduit quelques chats pour chasser les rats, qui rongeaient les filets de pêche et le matériel en bois. Au fil des années, les félins n’ont eu de cesse de se reproduire, si bien que leur nombre a fini par dépasser celui des humains. L’île n’abritant aucun prédateur naturel, les animaux ont pu y proliférer sans contrainte.

Au bonheur des matous

Actuellement, l’île ne compte plus qu’une quinzaine habitants d’âge honorable — essentiellement d’anciens pêcheurs attachés à leurs racines — pour plus d’une centaine de chats. Popularisée à travers divers reportages et articles diffusés sur internet, Aoshima attire des foules d’ailurophiles venus de tout le Japon et d’ailleurs.

Habitués de longue date aux autochtones comme aux curieux, nos félins peu farouches ne manifestent pas la moindre animosité à l’encontre des touristes venus en ferry pour les admirer. Bien au contraire, il y a fort à parier que, sitôt vos pieds sur la terre ferme, des dizaines d’entre eux accourront vers vous en quête d’une caresse voire, sait-on jamais, d’une petite friandise que vous auriez cachée dans vos poches !

Un cadre apaisant, bercé de ronronnements

Si la petite île connaît un si grand succès, c’est tant pour la présence foisonnante de ses adorables petits habitants que pour son cadre sauvage exceptionnel. Dans ce village où les félins règnent en maîtres, vous ne trouverez ni hôtel, ni restaurant, ni même le moindre commerce, et c’est bien cette particularité qui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, contribue à son attractivité.

Loin du tumulte de la capitale tokyoïte et des grandes aires urbaines jalonnées de boutiques aux néons aguicheurs, elle s’impose comme un fantastique havre de paix, à mille lieues des tentations et autres agressions de la vie en métropole. Fouler le sol d’Aoshima vous plongera dans le Japon d’autrefois, avec ses modestes habitations de bois, son mode de vie proche de la nature et son air iodé si pur.

Entre deux petites caresses derrière les oreilles de ses charmants résidents, vous pourrez aller à la rencontre de leurs voisins humains, qui se feront un plaisir de vous conter l’histoire des lieux et leur jeunesse en bord de mer.

En pratique

S’y rendre.
L’île d’Aoshima est accessible par un ferry au départ du port de Nagahama, situé en face de la gare d’Iyo-Nagahama. Le trajet dure trente minutes.

Se loger.
Aoshima ne dispose pas de la moindre infrastructure pour accueillir les touristes pourtant nombreux. Vous trouverez toutefois des auberges familiales à des prix abordables du côté d’Ōzu, petite municipalité à laquelle est rattachée l’île.

Pour l’anecdote.
Si vous adorez les chats mais craignez l’allergie, sachez que le Japon fourmille d’îles consacrées à nos amies les bêtes. L’île d’Okunoshima, située dans la préfecture de Hiroshima, est notamment un véritable jardin d’Éden pour ces autres adorables boules de poils que sont les lapins.

Source/ 20 Minutes


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